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LE FEU
Peintures de Petra Schubert sur des textes d'A.M.H.
De cendres et de flammes
Feu incandescent ou feu souterrain, domestiqué ou destructeur,
Petra Schubert conjugue l'éternel symbole de la vie et de
la mort à sa manière, en vingt tableaux-déclinaisons,
qui sont autant de libres associations, graves ou poétiques
du texte d'A.M.H. intitulé du même nom " le feu
".
Deux hommes, ou plutôt deux Hommes, l'un incarné et
l'autre plus abstrait, président à l'étrange
cérémonie, semblent s'interroger, ironiser et craindre
à la fois cet élément supérieur qui
se métamorphose sous leurs yeux : le feu est tantôt
domestiqué en un cadrage resserré découpant
des formes élémentaires, il marque sa puissance destructrice
sous les traits d'un petit temple en ruines ; surprenant, il peut
couver sous la glace en prenant des formes lunaires - on l'imaginerait
presque éteint par son rival aquatique - ; ne serait-ce alors
qu'un feu de paille dénué de puissance ?
Le feu met l'homme face à son destin, à sa condition
; et si le feu est symbole pour Petra Schubert, c'est sans doute
celui des épreuves et des transformations. Le trait se fait
alors nerveux et haché, les couleurs s'enflamment et inondent
des décors fantomatiques de leur lumière inquiétante,
l'homme est pris par surprise dans la tornade qui se déchaîne
au- dessus de sa tête, stoïque (impuissant ?). La vie est
une véritable spirale, c'est la Feuerrad, la roue de feu
...
Pétra Schubert met au service du feu son art consommé
de la technique mixte (huile, acrylique, aquarelle, monotype) pour
nous faire découvrir un univers flamboyant épris de littérature,
(et l'on songe à Bachelard ou Hermann Hesse), mais tout aussi
primal, puisque conçu comme une recherche de l'essentiel.
Laurence Cabidoche
Crédits photos : J.C. Sannicolas
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